


Juin 2010
Actualités de l’association
Une date importante à noter pour la rentrée : A l’occasion des 20 ans de l’association, l’AFRT organise le 19 septembre 2010 une garden party grillades à Montigny le Bretonneux dans les Yvelines. Vous trouverez les informations et le coupon de réservation sur la page d’accueil du site internet.
L’inserm et les associations de patients
Jacqueline London, présidente de l’association, s’est rendue le 20 mai dernier à la journée des associations organisée par l’INSERM. Des représentants de nombreuses associations de malades étaient présentes, et il est ressorti de ces échanges que le travail de ces associations était un réel moteur pour la recherche scientifique. En effet, ce sont elles qui œuvrent sur le terrain, pour sensibiliser d’une part les pouvoirs publics, d’autre part la population, et obtenir les financements nécessaires à la recherche. L’AFRT se doit de continuer et d’intensifier son action pour développer la recherche sur la trisomie 21 mais cela est encore bien difficile malgré les efforts.
Université d’été en Irlande
L’association irlandaise qui fait un travail exceptionnel depuis des décennies et EDSA (European Down Syndrome Association) organise une université d’été sur la trisomie 21 au Trinity Collège de Dublin en Irlande. Vous trouverez des informations sur cet évènement à l’adresse suivante : http://www.tcd.ie/niid/news/summerschool_2010.php
Recherche Européenne
L’AFRT et EDSA participeront à la seconde conférence internationale sur l’aneuploïdie (“2nd AnEUploidy” Workshop) se tiendra du 16 au 19 septembre 2010 à Split en Croatie et qui est ouverte.
Assemblé générale d’EDSA
Elle se tiendra à Rome les 23 et 24 octobre à Rome et réunira des associations de très nombreux pays européens
Trisomie 21 et actualités scientifiques
Dans le but de vous tenir informés de l’évolution des connaissances sur la trisomie 21, nous vous présentons ce mois-ci trois publications récentes, qui ont particulièrement retenu notre attention. Tout d’abord, une étude cytogénétique et moléculaire sur l’origine biologique de la trisomie 21. Ensuite, un travail de synthèse sur l’annonce de la trisomie 21 aux parents d’un nouveau né. Enfin, un article sur les outils, les méthodes et les perspectives actuelles de la recherche de pharmacothérapies. Vous pourrez retrouver ces articles dans la rubrique « articles scientifiques et médicaux » du site internet.
1) Etude cytogénétique
Le Dr. Kovaleva N.V. présente dans (Molecular Cytogenetics 2010, http://creativeccommons.org/licences/by/2.0) les résultats d’une étude menée au Scientific Research Center de l’Académie Médicale Pédiatrique de Saint Petersbourg, Russie. Les mécanismes génétiques à l’origine de la trisomie 21 (T21), en particulier la prévalence des cas de T21 chez les garçons (1.35), la prédisposition génétique de la non-disjonction et les trisomies 21 en mosaïque sont encore mal connus. Les travaux portent sur 80 familles touchées par la trisomie 21, dont au moins un membre est porteur d’une trisomie en mosaïque dans la lignée germinale c’est à dire une proportion variable de cellules avec trois chromosomes 21 dans les cellules de la reproduction, ovules ou spermatozoïdes. Ces personnes ne sont pas atteintes de trisomie 21, puisque seules leurs cellules reproductrices ont un chromosome surnuméraire. Des analyses cytogénétiques et moléculaires montrent que dans la plupart des cas (78%), le parent porteur de la trisomie en mosaïque dans la lignée germinale est issu d’un œuf trisomique, et que le chromosome surnuméraire est éliminé de certaines cellules lors des premiers stades du développement embryonnaire. L’erreur de distribution des chromosomes a donc eu lieu lors de la fabrication des cellules reproductrices d’un grand parent, et a été partiellement compensée chez le parent, soit par la perte d’un chromosome 21 lors de mitoses (multiplication des cellules), soit par une répartition inégale entre les cellules filles, toujours au cours des mitoses. Dans les autres cas, il semble que l’erreur de distribution se soit produite dans l’œuf lui-même, au cours du développement embryonnaire.
L’analyse précise des chromosomes des enfants atteints de T21 et ayant un parent porteur d’une trisomie en mosaïque germinale montre que, parmi les nouveaux nés, les mosaïques sont plus fréquentes chez le nouveaux nés de sexe féminin que chez ceux de sexe masculin (14% contre 0%) mais que les trisomies libres sont plus fréquentes chez les nouveaux nés males que femelles.
Ces résultats laissent supposer que les mécanismes de compensation évoqués plus haut (perte ou mauvaise répartition des chromosomes dans un embryon trisomique au départ) ont plutôt lieu dans les embryons de sexe féminin, les embryons de sexe masculin gardant plus souvent les trois chromosomes 21 dans toutes leurs cellules. Cependant, les observations menées ne permettent pas d’expliquer le sex-ratio déséquilibré de la trisomie 21 (plus de garçons touchés que de filles).
L’auteur montre également que parmi les enfants d’hommes porteurs d’une mosaïque germinale, ceux qui sont atteints de trisomie 21 sont plus souvent des garçons que des filles, ce qui suggère que lors de la fabrication des spermatozoïdes, le couple de chromosomes X Y qui caractérise le sexe masculin serait plus fréquemment associé à la non disjonction des chromosomes 21.
Ces travaux apportent de nouvelles données sur l’origine et les modes de transmission de la trisomie 21, même si de nombreuses questions restent encore ouvertes.
2) Etude sur l’accompagnement des familles lors de l’annonce
Brian G. Skotko et ses collaborateurs de Boston, USA, ont à partir d’études de cas, relatées dans les publications médicales, sociales ou associatives, établi un portrait des pratiques des médecins de 1960 à nos jours en termes d’annonce aux parents lors de la détection d’une trisomie 21 chez leur enfant nouveau-né ( Skotko BG et al. Pediatrics 2009, 124 :e751-8). L’objectif est de dégager ce qui, au regard des parents, est le plus approprié, que ce soit dans les mots employés, dans le lieu choisi, ou dans les informations apportées, de façon à offrir aux praticiens un outil pour leur pratique dans ce domaine. Ainsi, il ressort que le médecin doit faire lui-même cette annonce aux parents, et ce dès que possible, même s’il ne s’agit à ce stade que de soupons non encore confirmés. Cet entretien doit être privé, et en présence des deux parents. De plus, il est préférable que le médecin se limite aux informations concrètes et d’usage immédiat pour les parents, incluant les structures auxquelles ils peuvent s’adresser, plutôt qu’une liste exhaustive de toutes les complications possibles liées à la pathologie. Un entretien débutant par des paroles positives, notamment de félicitation pour la naissance de l’enfant, plutôt que par des mots de pitié, est généralement apprécié par les parents.
Cette étude a le grand mérite de porter l’attention du personnel médical sur un aspect souvent négligé de la prise en charge de la trisomie 21, à savoir la prise en compte du ressenti des parents lors de l’annonce du diagnostic. Sans prétendre fournir un mode d’emploi universel, les auteurs proposent aux médecins concernés des pistes de réflexion sur leur pratique dans ce domaine, les invitant à tenir compte des demandes formulées pour établir leur propre méthodologie.
Il est à noter que les mêmes auteurs faisant partie du « Down Syndrome Diagnosis Study Group » ont aussi publié un article sur l’annonce du diagnostic anténatal (Skotko BG, et al. Am J Med Genet A. 2009, 149A:2361-7).
3) Revue sur les recherches en pharmacothérapie
Katheleen J. Gardiner de Denver, USA, présente dans « Trends Pharmacol Sci. 2010 Feb;31(2):66-73 » l’état des lieux de la recherche de pharmacothérapie pour la trisomie 21, en particulier sur les travaux menés dans différents laboratoires sur des souris modèles de trisomie 21. Elle explique les différentes approches utilisées pour définir les cibles précises des traitements du retard cognitif, et les méthodes employées pour déterminer quelles molécules peuvent être testées pour traiter ces symptômes. Elle dégage ainsi trois types d’approches dans la recherche de cibles pharmacologiques : l’approche génétique, consistant à isoler chez les souris les gènes du chromosome 21 dont la surexpression est liée au retard cognitif, l’approche phénotypique, consistant à étudier les anomalies au niveau du fonctionnement neuronal, et l’approche physiologique, consistant à analyser les voies métaboliques impliquées dans le déficit cognitif. Gardiner présente les résultats récents de ces différentes approches, soulignant les perspectives en termes de pharmacothérapie, mais aussi les limites des extrapolations à partir de modèles animaux.
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